Pas le G20, une autre Europe
Pour ne pas subir la crise capitaliste, il nous faut introduire des éléments de blocage et de retournement du rapport des forces.
Cela se joue dans les diverses mobilisations en cours, pour l’éducation nationale le 20 novembre, contre la privatisation de La Poste le 22 , contre les attaques poursuivies dans la santé et les transports.
Cela se jouera aussi en imposant des réorientations des productions (automobile, agro-alimentaire, etc.), avec maintien des emplois et un financement public de toutes les activités utiles. Ce qui suppose de ne pas obéir aux « règles » de la BCE et de développer un secteur financier public : afin que les débats démocratiques aient lieu, dans les entreprises et avec les usager-e-s et les habitant-e-s, et leur représentation politique nationale, régionale et locale.
Afin de ne pas subir la crise capitaliste, il faudra développer des ripostes, des exigences alternatives, et les faire porter par des relais institutionnels. Est nécessaire, dans ce but, une affirmation des « forums sociaux » mondiaux et régionaux, afin de pousser à la transformation radicale des institutions internationales dans le cadre de l’ONU.
Et, face à l’Union européenne, il nous faut aussi nous saisir de la prochaine échéance des élections, qui se préparent et auront lieu en juin prochain. Aurons-nous dans divers pays d’Europe, en Grèce, en Allemagne, au Portugal, en Irlande, aux Pays-Bas… des fronts électoraux pour une autre Europe ? C’est possible : de larges accords vont en ce sens.
Et, dans notre propre pays, il y aurait division redoublée ? Nous laisserions le terrain à celles et ceux qui ont orchestré le « OUI », des dirigeant-e-s du PS en passant par Daniel Cohn-Bendit, à François Bayrou et à l’UMP ?
Non ! Nous pouvons rassembler. Nous savons rassembler. Avec les appels déjà lancés dans diverses villes, multiplions les signatures autour d’un texte simple, compréhensible pour tous et toutes : " UNITÉ POUR LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES DE JUIN 2009 !"
« Pour les élections européennes de 2009, les soussigné-e-s souhaitent vivement que se constituent des listes de large union rassemblant les partisans et les partisanes d’une Europe sociale, démocratique et écologique, en rupture avec la domination des marchés financiers et avec la mondialisation libérale.
Ils et elles demandent fermement à toutes les forces de gauche qui ont dit NON au TCE en 2005 et qui ont refusé la ratification anti-démocratique du Traité de Lisbonne en 2008, d’engager sans attendre des discussions sur cette perspective. »
Des pétitions, un appel, ne changent les choses d’un simple coup de baguette ? C’est vrai. Mais l’effet du nombre encourage celles et ceux qui craignent que ce ne soit pas possible.
Et ce même effet du nombre peut, aussi, stimuler la constitution d’un « front » de toutes celles et ceux, de toutes les forces qui veulent combattre a politique de la droite et du patronat sans se plier par avance aux politiques libérales.
Au sein du "Collectif pour une autre Europe" , depuis déjà de longs mois nous travaillons ensemble avec les syndicats, les associations, les organisations politiques de gauche, à une alternative à cette "Europe" refusée en 2005 et que nous continuons à combattre dans sa forme imposée aux peuples sous le nom de "mini-traité". Nous avons su construire des propositions. Ensemble faisons gagner notre exigence d’une "autre Europe".
Grâce à une alliance large aujourd’hui rejointe par des dissidentes et des dissidents du PS , prenons notre place aux côtés des forces unitaires qui veulent une alternative au système capitaliste en crise : des garanties de protection sociale, de revenus et d’emplois, un contrôle des richesses pour faire cesser les gaspillages de la nature et des capacités humaines.
Le PCF, le NPA, la gauche du PS, les Verts antilibéraux, tous les réseaux militants, syndicaux, antiracistes, féministes, qui se heurtent aux régressions sociales et démocratiques savent bien que, sans ce type d’unité à gauche, il n’y a pas la moindre chance que cela change vraiment dans notre pays.
Qui peut oublier l’urgence de l’unité ? En même temps que les attaques aux droits sociaux et au niveau de vie, nous voyons les amis du jeune empereur distiller tous les jours leur esprit sécuritaire : avec cette campagne contre les terroristes « cachés dans une épicerie de Tarnac », dont la France doit avoir peur ; et aussi leur xénophobie quand ils proposent de chasser une femme coupable de ne plus avoir de raison de résider ici parce que son bébé est mort . Nous rendons nous-mêmes bien compte de ce qui se passe ? Nous devons saluer, dans cette affaire, la solidarité du RESF ; nous devrions en être à chasser ce pouvoir !