SAINT-VAAST-DE-LONGMONT Toute leur énergie contre l'énorme centrale

Publié le par la gauche alternative dans l'Oise

 

Les membres de l'association disent « ne pas obtenir de réponses claires et précises » à leurs questions.

L'association, qui s'oppose à l'implantation d'une centrale électrique au gaz naturel par Direct Energie sur les hauteurs de Verberie, a déjà 198 membres, une quinzaine de jours seulement après sa création.

La révolte est venue du paisible petit village de Saint-Vaast-de-Longmont lorsque l'information selon laquelle une énorme centrale électrique allait s'installer sur les hauteurs de Verberie a filtré. Les 15 hectares de terrain choisis par Direct Energie, et validés par les élus de la communauté de communes de la Basse Automne (CCBA) ne sont qu'à quelques centaines de mètres de là. L'info circule, des voisins décident de se mobiliser. L'association « Pas de centrale en Basse Automne » est créée, Direct Energie et les élus locaux ont trouvé leurs détracteurs.

Petit à petit, la mobilisation contre le projet de centrale prend forme. Hier, l'association enregistrait 198 membres, et sa pétition sur internet a recueilli « 800 signatures ». Une autre pétition, sur papier celle-ci, circule actuellement dans les six communes concernées par le projet. Douze milles tracts ont par ailleurs été distribués dans les boîtes aux lettres de la population locale. L'objectif de l'association est clair : mobiliser le plus de monde possible afin que les élus de la communauté de communes n'aient d'autre choix que de faire marche arrière.

« Cernés par les industries »

Selon eux, le maire de Saint-Vaast-de-Longmont est d'ores et déjà obligé de les suivre, même si toujours selon eux, ce dernier ne s'est pas exprimé « clairement » à ce sujet : « 95 % des habitants d'ici sont contre la centrale, et tous ses conseillers le sont également », explique David Long, le président de l'association. Les membres de « Pas de centrale en Basse Automne » sont confiants. Leur association n'a qu'une quinzaine de jours d'existence, et la mobilisation s'intensifie.

Au sein de « Pas de centrale », on n'est pas foncièrement opposé aux centrales électriques. Mais ses membres se disent « scandalisés » par le choix du site. « Cela va défigurer le paysage. Jusqu'à maintenant, c'était clair : une zone industrielle à l'entrée de Verberie en venant de Compiègne, puis les habitations, puis la verdure à la sortie de la commune. Avec cette centrale, on sera cernés par les industries ». Et leur campagne, ils y tiennent. Plus que la manne financière (même s'ils en doutent) que cette implantation pourrait apporter aux villages du coin.

Des réunions d'informations qui ont eu lieu, les membres de l'association disent « ne pas obtenir de réponses claires et précises » à leurs questions, notamment celles relatives à la pollution. Eux sont persuadés que cette centrale ne peut qu'être néfaste pour l'environnement. « Dans le contexte actuel, avec le Grenelle, c'est vraiment impensable ! Ce n'est ni durable, ni renouvelable ».

« En catimini »

Au sein de « Pas de centrale », on ne décolère pas de la façon dont les élus de la CCBA ont mené le projet « en catimini » : « Le projet a été adopté le 30 janvier. Les élus étaient donc au courant depuis très longtemps. Ils ont gardé ça secret, ça ne devait pas sortir de la CCBA. C'est complètement anormal, pas digne d'une démocratie. Leur projet, c'est opacité et tromperie », lance le président de l'association, David Long.

Chaque conseil municipal des six communes de la CCBA devait ensuite adopter le projet. Et c'est à partir de ce moment que l'information a filtré, à la mi-septembre : « Un jeune conseiller de Saint-Vaast a eu le courage de parler de ce projet, de s'y opposer. On a appris tout cela par la presse, cela nous a choqués. » Révoltés par la forme, opposés sur le fond, les membres de l'association sont prêts à manifester dans les rues pour se faire entendre.

GAUTIER LECARDONNEL

Publicité

Publié dans lu dans la presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article