Etats Généraux Services publics16 février 2008, Par Marie-Thérése Juignet du cual-villepinte-tremblay

Publié le par la gauche alternative dans l'Oise

 
 
Objectif:
 
Ouverture de la campagne des cahiers d'exigences, dans le cadre de la mobilisation pour défendre et développer les services publics.
 
 
Trois tables rondes se sont succédées avec de nombreuses interventions fort intéressantes couvrant l'ensemble des services publics: Santé, EDF, Poste, SNCF, logements sociaux, eau et collectivités territoriales, éducation nationale et recherche, impôts et trésor public, France Télécom, etc...
 
Première table ronde:
 
Elle était axée sur le service public comme indispensable pour sauvegarder l'accès de tous aux besoins fondamentaux, avec les luttes:
 
-        Contre les franchises médicales, qu'il faut poursuivre en continuant à faire signer les pétitions.
-        Pour le maintien des hôpitaux de proximité et des maternités publiques. La marchandisation de la santé est à l’œuvre avec le partenariat public/privé et la tarification à l'acte (TZA) qui amènent une mise en concurrence et une véritable précarisation de la santé.
-        Contre la privatisation d'EDF avec l'ouverture des marchés.
-        La grève de la Poste (distribution Paris 8) contre la suppression d'un tiers des effectifs.
-        A la SNCF, qui devient une entreprise commerciale privilégiant les lignes à grande vitesse (TGV, ...) au détriment des TER et RER.
-        Pour une eau de qualité et moins onéreuse, avec la nécessité de reprise en charge par les collectivités territoriales (régie municipale ou, de façon intermédiaire, sociétés mixtes)
-        Pour un logement social financé par le Livret A sur lequel les banques voudraient se mettre en concurrence pour en tirer des profits.
 
Il est noté que partout, les privatisations s’opèrent de la même manière, avec d’abord un partage entre activités très rentables et activités moins rentables. Exemple : SNCF avec Réseau Ferré de France (les voies) et SNCF (les trains), EDF avec Réseau Transport et Energie (les lignes) et EDF (la production et la distribution).
 
Or, les services publics avaient été basés sur un principe de solidarité avec un financement public et des fonctionnaires hors du champ des pressions partisanes et financières.  
 
2ème table ronde :
 
Elle est axée sur le financement des services publics. L’état se désengage au nom de la rentabilité et de la mondialisation. Sont posées les questions :
 
-      De la recherche et des universités (loi Pécresse)
-      De la remunicipalisation de l’eau avec l’exemple de Paris
-      Du déficit budgétaire et des fraudes fiscales, grandes fraudes fiscales et sociales contre lesquelles rien n’est fait et dont le montant approcherait celui de la « dette de l’état », soit 45 milliards d’euros.
-      Du flux des capitaux dans le cadre de la mondialisation, « aspirés » par le capital financier (bourse, opérations de fusion-acquisition) au détriment des investissements et de la recherche. Ainsi, les privatisations amènent une baisse des investissements et de la recherche, et, à terme, ne diminuent pas les coûts pour les usagers contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire avec la mise en concurrence.
-      De la réalisation télévisuelle
-     Du financement de la Sécurité Sociale sur les cotisations sociales comme actuellement, ou sur l’impôt avec la question du contrôle de l’affectation des sommes ainsi collectées.
-     Du financement des missions des collectivités territoriales avec la proposition de taxation (au niveau national) des actifs financiers et péréquation des sommes collectées vers les régions et départements.
-      Du financement du logement social avec le livret A qui a une double mission d’intérêt général, bien que non écrite dans la loi : Permettre le financement du logement social et permettre l’accessibilité bancaire aux personnes qui ne peuvent avoir accès aux banques (500 000 personnes). Le rapport Camdessus de décembre 2007 voudrait transférer 30% des sommes du Livret A sur les banques, malgré le danger de perte que cela comporte.
 
3ème table ronde :
 
Elle est axée sur les nouveaux besoins des services publics et les enjeux aujourd’hui. Cette table ronde a été malheureusement très écourtée, le temps d’occupation de la salle étant épuisé. Il y eut une intervention de Gérard Filoche sur les attaques du MEDEF contre le Code du Travail visant à augmenter toujours plus les profits au détriment des salariés, des retraités et des sans-emplois.
 
La réforme du Code du Travail est effective après le vote des députés puis des sénateurs en décembre 2007 et la décision du Conseil Constitutionnel du 7 janvier 2008, ce dont les Médias ne se sont pas fait l’écho.
 
Cette réforme s’appliquera au 1er mai 2008 (date pas vraiment anodine !) Elle est une attaque frontale sans précédent. Quelques exemples :
 
-      2 à 3 millions de salariés ne seront plus concernés par le Code du Travail  (les mineurs, dockers, assistantes maternelles, etc.) et relèveront d’autres codes.
-      500 lois sont supprimées et seront remplacées par des décrets qui sont en cours de rédaction et qui ne passeront donc pas par le Parlement.
-     La durée du travail ne se trouve plus dans le chapitre des conditions de travail mais dans celui des salaires (si ce n’est pas significatif…)
-      Le port des charges a été « égalisé » pour les femmes comme pour les hommes… alors qu’il n ‘est plus limité à 50 kg, c’est à dire que tout le monde y perd au niveau pénibilité.
-      Les indemnités de licenciement ainsi que la procédure de licenciement sont modifiées pour permettre de mieux licencier, sous couvert de « liberté de se séparer » !
-      Etc, etc….
 
Les codes des Fonctions Publiques qui doivent être rénovés risquent fort de subir le même sort.
 
 
Conclusion personnelle de la rédactrice de ce compte-rendu :
 
Il y a urgence à informer.
Il y a urgence à agir.
Au lieu de manifester pour ceci ou pour cela, secteur par secteur, ne faudrait-il pas une mobilisation beaucoup plus générale, massive ?
 
Pourquoi ne pas préparer un GRAND 1er mai de lutte ?
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Publié dans réflexion - débat

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