Les sans-papiers de Lille poursuivent leur grève de la faim
Dans un communiqué, le comité des sans-papiers CSP59 récuse notamment la médiation de six associations de solidarité et "l'établissement d'une liste de 150 noms pour un examen de situation au cas par cas."
"Nous, sans papiers grévistes de la faim n'avons donné mandat qu'au CSP59 de négocier une sortie de crise fondée sur notre régularisation", précise-t-il.
Le projet d'accord soutenu par Emmaüs et la Cimade, notamment, prévoit, outre l'engagement d'examiner la situation de 150 personnes, la délivrance d'un document permettant aux sans-papiers de circuler librement dans l'attente de l'examen de leurs dossiers.
Or, le CSP-59 demande la régularisation globale de tous les grévistes de la faim, dont certaines disent jeûner depuis 60 jours, ainsi que celle d'environ 500 autres personnes.
La situation des sans-papiers de Lille s'est tendue depuis l'interpellation d'environ 120 personnes le 1er août à la Bourse du travail où elles s'étaient installées depuis le 25 juillet.
Depuis, la plupart ont été libérées par la justice mais d'autres sont toujours menacés d'expulsion au centre de rétention de Roissy, dans la région parisienne.
A Amiens (Somme) où un enfant russe de 12 ans s'est grièvement blessé le 9 août en tombant du quatrième étage d'un immeuble pour fuir la police, un autre dossier mobilise les défenseurs des sans-papiers.
Les avocats des parents du petit Yvan, dont l'état de santé s'améliore, demandent à l'Etat de "reconnaître ses responsabilités" et réclament l'ouverture d'une information judiciaire.
"Sinon, nous prendrons l'initiative de déposer plainte", ont déclaré Jacques Vergès et Francis Lec mardi, lors d'une conférence de presse.
Seule une enquête préliminaire a été confiée pour l'instant à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Or, les avocats estiment que de lourdes interrogations pèsent sur le rôle des forces de l'ordre. "Pourquoi la police est-elle venue les arrêter le 9 août sans attendre leur convocation le 6 septembre devant le tribunal administratif ? Et pourquoi cette opération commando alors qu'il y avait moyen de dialoguer ?", a demandé Me Francis Lec.