Recherche et universités : M. Fillon, assumez !
http://www.lepost.fr/article/2009/04/26/1511148_recherche-et-universites-m-fillon-assumez.html
L'opinion exprimée n'engage que son auteur.
Le mercredi 22 avril 2009, François Fillon était l'invité de Nicolas Demorand sur France Inter.
À cette occasion il s'est exprimé sur le mouvement de prostetation des personnels des universités et organismes de recherche depuis presque 3 mois.
6'57 : « Il y a grosso modo une centaine d'universités en France, il y en a, à peu près aujourd'hui, entre 20 et 25 qui sont affectées par ce mouvement ».
La France compte 80 universités (voir par exemple ce document sur Educpros, pour confirmation. À noter que depuis cette année les universités de Strabsourg I, II et III ont fusionné en une seule université).
On passe donc de 100 à 80, ce qui permet de se rendre compte que le grosso modo était plus grosso que modo...
Sur ces 80 universités un bon quart seraient « affectées par ce mouvement » définition pour le moins vague, on met ce qu'on veut derrière ce qui évite ainsi que le chiffre soit contesté.
Notons au passage, qu'à la date à laquelle il s'exprime, deux zones sont en vacances scolaires (les zones B et C) et donc qu'un certain nombre d'universités doivent être en vacances.
7'36 : « On a des enseignants-chercheurs qui sont parmi les meilleurs du monde (...) c'est reconnu, il y a des évaluations qui sont faites ».
En une phrase, F. Fillon est en désaccord total avec l'ensemble du discours sur la recherche donné par le président de la République, le 22 janvier. Sarkozy déclarait alors que les prix Nobel sont « l'arbre qui cache la forêt » ou encore que les chercheurs ne sont pas évalués et qu'il faut y remédier.
La phrase de François Fillon a un autre intérêt : le gouvernement reconnaît enfin que les enseignants-chercheurs sont déjà évalués, il ne s'agit pas d'une nouveauté introduite dans le nouveau décret sur leur statut.
7'53 : « Et en même temps on a une université qui, depuis des années, décline, avec des classements internationaux qui sont mauvais. »
Cette affirmation est fausse, et plutôt deux fois qu'une :
- Il y a beaucoup à dire sur les classements internationaux des universités (dont le plus connu : le fameux classement de Shanghaï). Quel sens y a-t-il à comparer des établissements qui n'enseignent pas les mêmes disciplines ? Quel sens y a-t-il à comparer des universités qui opèrent une sélection, drastique, à l'entrée avec des universités qui n'en opèrent pas ? On peut ensuite s'intéresser aux critères retenus pour les classements qui ne permettent pas de prendre en compte la diversité des universités.
- Même si on fait abstraction de ces biais importants, les universités françaises ne sont pas mal classées, même si elles ne sont pas dans le top du classement. Dans le classement de Shanghaï, par exemple, la France arrive en 6ème position derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Japon et le Canada (cf. Tableau n° 3 : Classement des universités par pays selon les différents indicateurs).