Besson de mieux en mieux!
16 janvier 2009, Brice Hortefeux devient Ministre du Travail, Eric Besson lui succède à l’Immigration.
Quelques semaines plus tard, le site national du RESF propose un relevé non exhaustif de sa méthode. Le relevé porte sur les arrestations, placements en rétention de mineurs et d’adultes, menaces d’expulsion et expulsions exécutées.
A en croire certaines de ses déclarations, M. Besson serait plus intéressé par le volet « intégration » de son ministère que par les expulsions. A voir ! En effet, s’il n’est pas certain qu’il dépasse le nombre record d’expulsions de son prédécesseur et créateur du poste, ses 32 premiers jours (durée « normale » d’une période de rétention en France) au ministère ne traduisent guère un infléchissement de la machine à traquer les sans papiers.
Le ministre a, dès sa prise de fonction, fait savoir qu’il ne souhaitait pas hériter en plus du titre de ministre de la rafle et du drapeau. Est-il dès à présent en piste pour rafler aussi le titre de ministre de la casse des familles ?
Ce sont en effet le enfants qui sont en premier lieu les souffre-douleurs de sa politique anti- immigrés! Quelques temps plus tard, parlant de ceux qui protestent contre son appel à la délation, il déclare de Londres: "Il n'y a que des élites tordues pour parler de délation".Appeler à la délation, s'en prendre aux "élites"... voici qui nous rappelle de bien sombres époques!
Mais Monsieur fait aussi dans le lapsus douteux, pour le moins:
Au micro de RTL, le nouveau ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale mélange «immigration» et «invasion» avant de se reprendre: "la France a été et est toujours une terre d'immigration. C'est vrai des temps anciens, tout le monde le sait, des grandes invasions. C'est vrai du XIXème et du XXème siècle, avec les Italiens, les Polonais, d'autres qui se sont intégrés. Ensuite, il y a eu à la fois une invasion... euh, une immigration de provenance d'Afrique et du Maghreb", lance malencontreusement Besson, non sans se reprendre : "non pas une invasion, qu'il n'y ait pas de lapsus sur le sujet". Trop tard.
Mais Besson innove aussi. Ainsi en plus des désormais classiques et monstrueux quotas d'expulsion... lui a aussi programmé les moyens budgétaires d’une politique organisée de poursuite des « aidants ».
Ainsi en 2009, il appelle à 5 000 interpellations d'aidants! Une raison de plus pour aller voir le film "Welcome".
D'où cet appel aussi de nombreuses organisations que nous vous demandons également de signer (voir le site national du RESF):
COLLECTIF : Assez d’intimidation des militants qui veillent au respect des droits fondamentaux des étrangers !
"Trois militants engagés aux côtés des exilés du Pas-de-Calais - deux de l’association Terre d’errance et un du Collectif C’Sur de Calais - ont été interrogés, le 25 février 2009, par la Police aux frontières (PAF) sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de Béthune. Pour l’une d’entre eux, la police a procédé avec son sens habituel des civilités : interpellation spectaculaire à son domicile au petit matin, devant ses voisins, avec perquisition de sa maison près d’Arras où elle s’obstine, depuis des mois, à commettre le crime de… recharger les téléphones portables de la vingtaine d’Erythréens qui campent dans la « jungle » voisine (un fossé dans les champs).
Dans la foulée, les treize Erythréens présents dans la jungle ont été arrêtés. Evidemment !
D’autres militants ont payé ou paient actuellement leur engagement de poursuites judiciaires à répétition. Toujours dans le Pas-de-Calais, par exemple, Jean-Claude Lenoir, de l’association Salam, comparaît au TGI de Boulogne le 18 mars.
Ces tentatives d’intimidation visent à priver de soutien humain, politique et juridique les étrangers considérés comme indésirables : sur le littoral Nord-Ouest, les exilés d’Afghanistan, d’Erythrée, d’Irak, du Soudan qui, sept ans après la fermeture du camp de Sangatte en 2002, restent aussi nombreux sur un territoire toujours plus vaste (six départements : Pas-de-Calais, Somme, Seine-Maritime, Calvados, Manche et Paris), et, ailleurs sur le territoire, les sans-papiers, dans les structures qui les hébergent, les informent, les soignent, ou dans les écoles où leurs enfants sont scolarisés.
Bénévoles d’associations, salariés d’institutions du secteur social ou simples citoyens risquent de plus en plus d’être interpellés, placés en garde à vue, de faire l’objet de perquisitions, voire de mises en examen, pour avoir fait ce que leur conscience de citoyen, leur engagement militant, ou leurs obligations professionnelles leur dictent. Ont ainsi fait l’objet de poursuites, sous des chefs d’inculpation divers :une militante de RESF, pour avoir protégé les enfants de sans-papiers ; une directrice d’école parce qu’elle avait osé s’émouvoir de l’interpellation à la porte de son établissement du grand-père de l’un de ses élèves ;des passagers d’avion qui s’inquiètent de la violence utilisée à l’encontre d’étrangers reconduits de force ; etc.
A l’instar de ses prédécesseurs, le nouveau ministre de l’immigration, M. Besson, a indiqué vouloir « décourager les candidats à l’immigration clandestine, et (…) démanteler les réseaux qui la rendent possible ». Au nom de cet objectif, tout appui humanitaire aux exilés ou aux sans-papiers sera-t-il assimilé à l’action des réseaux de passeurs ?
Les organisations signataires s’indignent de cet engrenage de la répression qui criminalise le moindre geste de solidarité ou de simple humanité ou même l’action sociale lorsque, conformément à sa mission, elle se refuse à toute discrimination, qui entend museler toute forme d’opposition à la politique gouvernementale et dissuader les citoyens de défendre ceux dont les droits sont bafoués.
Elles affirment leur solidarité avec les militants interpellés et poursuivis, et leur détermination à continuer à soutenir exilés et sans-papiers.
Le 12 mars 2009"