Les attentats en Inde, il faut en parler.
Après le 11/09, l'équipe Bush a imposé une nouvelle norme du droit international: La "guerre au terrorisme" non seulement permise, mais nécessaire pour ne pas dire obligatoire.
Cette guerre, se révéle, outre particulièrement peu sélective, particulièrement inefficace et notamment pour l'objectif officiellement affichée d'éradication du "terrorisme". Tour semble indiquer que conformément aux critiques, elle le cultive.
Cependant, les derniers attentats en Inde mettent en évidence une autre conséquence prévisible: les risques quasi mécaniques d'extension des conflits et d'escalades, y compris nucléaire.
En effet, l'Inde, soumise a des attentats dont certains des auteurs ont certainement recu des soutiens du Pakistan est, au titre de la "guerre sans limite contre le terrorisme" tenue (et non seulement fondée)
a régler le problème. Au moins, d'écraser sous les bombes tout ce qui pourrais être des camps d'entrainement ou autre centres (madrassas) d'activité, d'aide et de soutiens des terroristes (cela va vite très loin) au Pakistan.
Seul détail, le Pakistan est une puissance nucléaire, et si les frappes de drones US sont déja mal supportées par l'opinion locale, les states sont trop forts, et leur territoire trop loin. L'Inde, c'est la porte à coté et les vieilles haines historiques, le bellicisme de l'armée locale et sa coinfiltration par et avec les extrémistes islamique, combinés avec ses tendances putchistes forment un coktail particulièrement favorable pour que le Pakistan ne demeure pas en reste dans le cadre d'une escalade militaire surtout contre l'Inde.
Rappelez vous, dans un contexte où le "droit d'ingérence" était encore soumis au moins à un accord explicite des nations unis, c'était pendant les bombardements de l'OTAN sur la Serbie, la crise entre l'Inde et le Pakistan avait bien failli dégénérée en guerre nucléaire. On parlais en ce temps là avec beaucoup de désinvolture à New Delhi comme à Islamabad de 20 à 40 millions de morts - en tout ou de chaque coté.
Nous n'en sommes pas là, mais si heureusement les nationalistes Hindous (qui sont les analogues locaux du bushisme US ou du sarkozisme francais) ne sont pas maintenant au pouvoir en Inde, nul doute qu'ils tiennent là une "divine surprise" comme dit un jour Donald Rumsfeld au sujet du 9/11 et qu'ils vont bien aider la presse qui a tant besoin de vendre du papier a bien chauffer l'opinion.
Il faut donc bien reconnaitre l'extrème dangerosité du terrorisme (il faudrais évidemment définir plus précisément de quoi on parle), mais bien moins pour le risque direct: individuellement la probabilité d'en souffrir directement est infime; pour l'ensemble de la population, c'est marginal par rapport à des dizaines d'autres types de crimes, de négligences meurtrières ou de risques socialement acceptés; économiquement ou socialement la récupération est rapide.
Les risques majeurs du terrorisme, ce sont les réponses qui lui sont apportées,
le contexte qu'il crée, qu'il permet de créer, pour mobiliser les populations et leur faire accepter ou leur faire demander, des normes, des lois, des idées et des actes.
Le risque majeur du terrorisme c'est de fournir la clé pour ouvrir la serrure de la manipulation des sociétés aux profits d'intérèts mercantiles et de fantasmes de pouvoir.
Paul