Unité dans l’action ou caution à Sarkozy
Le Billet de la Rédaction du Site [1]
Le pitre a encore frappé ! A Rethel, où il avait promis le paradis pour ceux qui veulent travailler plus, il annonce qu’il veut donner une vague « d’emplois aidés » pour qu’une partie des salarié-e-s conservent un travail, misérablement payé : en fait, une sorte de cadeaux au patronat, sous une autre forme que pour les banques.
La mesure élémentaire à prendre, comme le disait le représentant CGT de Peugeot à Montbéliard, est pourtant connue : les profits des actionnaires pour l’année 2008 doivent servir en priorité à payer, sans perte de revenus, les salariés aujourd’hui mis au chômage. Cela vaut aussi pour la sidérurgie, et bien d’autres.
Mais le président fait semblant de s’intéresser aux besoins des travailleurs pour mieux organiser leur précarisation.
Et le pitre s’apprête de nouveau à frapper l’opinion : il orchestre la réunion du G20, pour rétablir une autorité internationale autour des États-Unis et de leurs alliés.
Abracadabra ? Abracadabra ! Pourvu que ça dure doit-il se dire.
Cela n’empêche pas les actions et les grèves de se préparer. La justice vient d’infliger un camouflet à Hortefeux dans sa volonté de mettre à mal l’aide juridique aux étrangers enfermés dans les centres de rétention. RESF appelle à une action d’ampleur à Vichy les 3 et 4 novembre, pour dénoncer l’inacceptable politique de l’immigration .
Toutes les initiatives sont les bienvenues dès lors qu’elles rejettent les faux semblants d’une réorganisation qui tourne le dos aux besoins humains et aux urgences écologiques. La préparation du 22 novembre pour La Poste met à l’ordre du jour, en même temps, la volonté d’opposer la logique des services publics à celles des profiteurs qui gouvernent avec les démagogues qui partagent leurs intérêts.
Une mobilisation appelée par les usagers comme par les forces syndicales ! Ce qui est vrai pour La Poste l’est aussi pour le droit à la santé, pour le droit à une école de qualité. Deux mondes, deux logiques. Voilà ce qui fait la différence.
Cette question ramène des questions fondamentales qui tiraillent les forces de gauche modérée dans tous les sens : se contenter de faire du Bayrou et des projets de réformes centro-compatibles ? Ou prendre l’engagement de satisfaire toutes les revendications du mouvement social, de garantir sans aucune privatisation rampante la Protection sociale, garantir des revenus à tous les précaires et chômeurs privés d’emplois par la logique libérale qui règne depuis vint cinq ans ?
A ceux qui se demandent par quoi remplacer le pitre, jeune empereur des bluffeurs, notre réponse peut être simple : que toutes les forces de gauche s’engagent à mettre en œuvre les propositions alternatives du mouvement social ! La politique alternative est à portée : lisez et faites lire les propositions du Collectif pour une autre Europe ! Mesurez bien à quel point les dispenses de cotisations patronales mettent à mal les caisses de retraites et celles de l’assurance maladie !
N’oubliez pas comment la BCE, sur un coup d’urgence, a toléré ce qu’elle dit impossible depuis son origine : une BCE soumise aux contrôles démocratiques de tous les peuples d’Europe, un pôle financier public renforcé et soumis au contrôle des conseils régionaux et des collectivités territoriales, une fiscalité européenne progressive permettant une véritable redistribution des richesses… Le voilà, le cadre déjà revendiqué syndicalement et au sein duquel les emplois peuvent être garantis le temps de réorienter les productions pour ne pas subir la crise capitaliste mais ouvrir une autre voie afin d’en sortir :
Certains ne veulent pas voir cela et sont prêts à vaquer à leurs occupations particulières de courant : à chacun sa liste pour les européennes à venir ou tous les participants de la campagne pour le Non en 2005 de nouveaux unis, avec toutes celles et tous ceux qui veulent se mobiliser pour une autre Europe ? Certains ne veulent pas de réponse unifiée parce qu’ils la trouvent trop radicale ? D’autres préfèrent dénoncer sans rien proposer ?
Faire le jeu de l’unité dans l’action et pour de vraies mesures de changement, voilà la voie pour résister et vaincre Sarkozy. Diviser ou refuser l’unité dans l’action, voilà, sous diverses formes, les voies pour cautionner le régime politique et le système capitaliste. Il est des moments où les questions les plus quotidiennes posent les questions stratégiques les plus lourdes. Sachons créer ces débats.
[1] L’équipe de la Rédaction du Site : Etienne Adam, Abd-El-Kader Aït Mohamed, Farid Bennaï, Armelle Chevassu, Pierre Cours-Salies Laurent, Lévy, Gilles Monsillon, Olivier Lafferrière, Katie Palluault, Sylvie Rabie et Roger-Pierre Soret