L'UIMM entend continuer à faire fonctionner sa caisse « anti-grève »

Publié le par la gauche alternative dans l'Oise

 http://www.lesechos.fr/info/france/4776800-l-uimm-entend-continuer-a-faire-fonctionner-sa-caisse-anti-greve-.htm

L'Union des industries et métiers de la métallurgie décide ce matin de l'usage de ses 600 millions d'euros de réserves. Elle va consacrer 90 millions d'euros à deux fondations dédiées à l'industrie.

Drôle d'anniversaire à l'UIMM. Il y aura un an demain, le scandale financier de l'Union des industries et métiers de la métallurgie éclatait au grand jour. « Le Figaro » révélait que le parquet de Paris venait d'être saisi d'une affaire de distribution d'argent liquide orchestrée par Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'UIMM et négociateur social en chef du Medef. En quelques semaines, la France ébahie apprenait que la fédération patronale avait consacré 19 millions d'euros, en coupures de 100 euros, au « financement de diverses organisations de la vie sociale » du pays entre 2000 et 2007.

Depuis, l'eau a coulé sous les ponts. Si la destination des fonds reste un mystère, une information judiciaire a été ouverte, plusieurs gardes à vue se sont succédé et une dizaine de personnalités de la métallurgie ont été mises en examen. Par ailleurs, l'UIMM s'est choisi un nouveau président en la personne de Frédéric Saint-Geours, elle a limogé tous ses anciens dirigeants et réformé ses statuts. Après des semaines de guerre médiatique avec le Medef de Laurence Parisot, elle a perdu de nombreux mandats patronaux (la commission emploi du Medef, la présidence de l'Unedic, le pilotage des négociations paritaires sur le marché du travail...) mais elle reste présente au bureau du Medef et dans tous les groupes de travail patronaux.

Ce matin, le conseil de l'UIMM doit franchir une nouvelle étape en décidant de l'affectation de ses réserves. Le capital en sa possession s'élève à 332 millions d'euros. L'an dernier, celui-ci représentait un potentiel de plus-values boursières de 617 millions d'euros, mais la crise financière est passée par là et le montant de la cagnotte représente aujourd'hui quelque 590 millions d'euros.

L'enveloppe divisée par trois

Selon nos informations, l'enveloppe sera divisée principalement en trois. Une première partie servira à éponger les pertes comptables de l'exercice 2007 (4,7 millions d'euros), à financer le déficit récurrent de l'organisation (2,6 millions par an) et à prendre en charge les « risques fiscaux » inhérents à une éventuelle condamnation en justice. Une deuxième partie (environ 90 millions d'euros) ira doter deux fondations, l'une consacrée à la formation et à l'insertion, l'autre à l'université et à la recherche. Deux entités que l'UIMM va s'engager à alimenter par des sommes complémentaires durant cinq ans.

Enfin, troisième partie, le solde des réserves permettra de continuer à faire fonctionner le système de « solidarité » à l'origine du scandale. Car la fédération n'entend pas renoncer à disposer d'une caisse spéciale de secours mutuel, comme l'y autorise le Code du travail (article L 2132-6). Ladite caisse ne s'appellera plus Entraide professionnelle des industries de la métallurgie (Epim) mais l'UIMM compte bien que les cotisations de ses entreprises adhérentes servent à couvrir les risques de celles-ci en cas de grèves. En dépit de ses nombreux appels du pied, le gouvernement n'aura pas réussi à convaincre l'organisation de l'avenue de Wagram de l'aider à financer des actions du Grenelle de l'insertion pilotées par Martin Hirsch. L'UIMM fait valoir que d'autres structures patronales, en Allemagne et en Suède notamment, disposent d'un telle caisse de secours, et qu'en vertu du Code de la mutualité, ses fonds sont insaisissables.

GUILLAUME DELACROIX
La réorganisation des associations de la métallurgie
Ces dernières semaines, l'UIMM a fait le ménage dans ses « organismes rattachés ». Six associations ont mis la clef sous la porte, dont l'Association d'assistance et d'entraide (AAE), qui continuait de rémunérer l'ancien directeur financier, Bernard Adam. Restent désormais trois associations : l'UIMM apprentissage (collecte et répartition de la taxe d'apprentissage), l'Adase (la maison d'édition de l'UIMM) et l'Aprodem (qui gère les conventions conclues entre l'UIMM et l'Etat). Subsistent également trois sociétés civiles immobilières, dont celle qui possède la villa du Vésinet dont jouit à titre gracieux, depuis 1959, l'ancien président François Ceyrac. Celui-ci quittera les lieux en fin d'année et la maison sera vendue.
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Publié dans lu dans la presse

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