| En 2005, le CFSI affirmait déjà que la faim est une arme de destruction massive. Nous le réaffirmons aujourd'hui, au cœur d'une crise alimentaire qui secoue désormais les grandes villes des pays en développement. Plus de 850 millions d'êtres humains soufrent de la faim aujourd'hui. Combien seront-ils en 2025 ? Le calcul est simple : > 600 millions de paysans qui n'arrivent pas à vivre de la vente de leur production, > 600 millions d'habitants pauvres des villes qui n'arrivent pas à acheter une alimentation devenue trop chère, soit au total 1,2 milliard : 1 habitant de notre planète sur 5 ! |
| Cette situation n’est pas fortuite, elle est liée à une décision datant des années 80 de limiter le développement de l’agriculture dans les pays en développement. Les institutions internationales, comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international, ont été les premiers à recommander aux Etats des pays pauvres de limiter leurs dépenses pour l’agriculture. Elles leur assuraient alors que les habitants toujours plus nombreux des grandes villes pourraient se nourrir à meilleur compte grâce aux produits alimentaires d’importation. Cet arrangement a fonctionné, pendant près de deux décennies, tant que le cours international des échanges de produits agricoles est resté très bas. Cette situation a changé désormais et nul ne peut prédire si ces cours sont appelés à baisser à nouveau, ou s’ils vont varier au gré des pratiques spéculatives. Toujours est-il que cette politique a eu un premier effet, celui d’appauvrir, à l’extrême et durant des années, des centaines de millions de paysans. Et maintenant un second effet, celui d’appauvrir, encore et pour longtemps, des centaines de millions d’urbains dépendant de l’extérieur pour leur alimentation quotidienne. La Banque mondiale a fait amende honorable dès l’automne 2007, en recommandant de mobiliser plus d’aide pour les agricultures locales (cette aide ayant baissé de moitié en vingt ans). |
| Le CFSI, avec sa campagne ALIMENTERRE, plaide depuis plusieurs années déjà pour revaloriser l'agriculture des pays en développement et ses paysans. Avec le soutien de plusieurs dizaines de milliers de citoyens, nous avons demandé que les exportations de produits alimentaires ne puissent entrer en masse dans l'économie affaiblie des pays pauvres et que l'aide au développement de l'agriculture soit sérieusement augmentée. Au-delà de ces interpellations, le CFSI travaille concrètement avec ses 27 organisations membres pour apporter un soutien à des organisations de paysans. Ces 10 dernières années, nous avons soutenu plus de 100 projets allant dans ce sens : développement du micro crédit, aménagements hydro agricoles, formation à des techniques améliorées, installation de coopératives de producteurs, d'unités de transformation alimentaire valorisant les productions locales, soutien aux organisations paysannes. Tous ces projets ont permis, à leur échelle, d'améliorer la situation de centaines de milliers de paysans et d'offrir une alimentation régulière, à base de produits locaux en ville Derrière tous ces projets, il y a des centaines d'organisations paysannes locales qui sont prêtes, par leur travail, à contribuer à réduire la crise actuelle en approvisionnant encore plus les villes. C'est le moment de les aider. Découvrir nos récents projets sur http://www.cfsi.asso.fr/netkali/CFSI.aspx?IdItem=88&IdDoc=181 |