Solidarité Migrants Oise : COMMUNIQUE DE PRESSE
Le Droit d'asile en Picardie menacé!
Le gouvernement Sarkozy/ Fillon et ses préfets zélés sont passés maîtres dans l'art de présenter des régressions insoutenables pour des progrès, transformant les institutions républicaines en machines à désinformer et manipuler. Ainsi en va-t-il du communiqué de la préfecture de l'Oise au sujet de la régionalisation de l'accueil des demandeurs d'asile en Picardie (voir par exemple Le Courrier Picard de ce samedi 7 juin).
En vérité, la nouvelle procédure va plus encore laminer ce droit fondamental qu'est le droit d'asile.
Cette seule illustration si éloquente: CAR 60, la plate-forme d'accueil propre au seul département de l'Oise et située à Beauvais, comptait il y a peu huit salariés!
ElIe est désormais animée par un seul travailleur social pour être le lieu d'accueil unique de toute la Région de Picardie! Les structures complémentaires situées dans les autres villes (Amiens, etc...) ont tout simplement été rayées de la carte et leurs salariés licenciés!
Quant au nombre de places d'accueil, il a été significativement amputé!
Les demandeurs d'asile auront ainsi plus de difficultés encore à accéder aux droits dans les domaines de l'hébergement, de la santé, etc... Enfin, la plupart n'ayant pas les moyens de se rendre régulièrement à Beauvais pour une demande, où se joue pourtant tout leur avenir (à rédiger et déposer dans un délai de 21 jours!), ce sont des mini Sangatte(s) qui vont se créer dans plusieurs villes de notre région.
La semaine dernière déjà, le Collectif Solidarité Migrants Oise a dû affirmer sa volonté d'occuper un lieu public pour que soient enfin hébergés deux femmes "à la rue" depuis une semaine (et donc en grand danger!) et un homme laissé sur nos trottoirs depuis deux mois!
Cet état des lieux intolérable relève de la même logique que la directive qui sera très prochainement examinée par le Parlement européen: elle prévoit d'étendre à 18 mois le temps de rétention (contre 32 jours actuellement), d'autoriser l'enfermement des mineurs isolés et d'infliger aux expulsés (entre autres tous les déboutés du droit d'asile que l'on va multiplier) une interdiction de territoire de 5 ans (un véritable bannissement!)... Nous appelons au rejet de cette directive qui mérite véritablement son nom de "directive de la honte" .
Solidarité Migrants exige enfin des Pouvoirs Publics, principalement de l'Etat et ses services, le respect et la promotion du droit d'asile et l'accueil digne des demandeurs d'asile, tant d'un point de vue matériel que moral.