Article paru dans POLITIS n°1003 du 22 mai

Publié le par la gauche alternative dans l'Oise

Déjà plus de 4 000 signataires !

jeudi 22 mai 2008

 

Notre appel « Organisons l’alternative à gauche » rencontre un réel enthousiasme, qui traduit une volonté d’unité des forces de contestation sociales et écologistes.

 

Pour signer l’appel, connectez-vous sur www.appel-a-gauche.org

Jeudi 22 mai à midi, l’appel à organiser l’alternative à gauche, lancé la semaine dernière dans nos colonnes, avait été signé par plus de 4 100 personnes. Jeudi dernier, dans le « mode d’emploi » de ce texte, Denis Sieffert évoquait la chaleur et parfois l’enthousiasme avec lesquelles avait été accueillie la démarche de Politis. « Nous en déduisons que c’était le moment », écrivait-il. Ce qui n’était alors qu’une impression, ressentie lors de contacts avec les primo-signataires, ne s’est pas démentie. En vingt-quatre heures, notre appel volontairement pluraliste et ouvert avait déjà recueilli un millier de signatures sur le site Internet spécialement créé. Le 15 mai, il n’était pas rare d’apercevoir, dans la manifestation des fonctionnaires et des lycéens, des manifestants arborant Politis ou s’adonnant à sa lecture dans le cortège entre les places ­d’Italie et de la République. Des milliers de tracts ont été diffusés lors de cette journée de mobilisation, à Paris et aussi en province, ainsi que lors du défilé des défenseurs de l’école, dimanche. À chaque fois, ce fut le même accueil.

Dans la manifestation des fonctionnaires et des lycéens, jeudi 15 mai, à Paris. Michel Soudais

Ce succès encourageant traduit une double attente. D’abord l’aspiration à l’unité des forces de contestation sociales et écologistes. Malgré l’incapacité des antilibéraux à s’entendre sur une candidature unitaire antilibérale et leur dispersion dans les élections présidentielle et législatives, le reflux des « collectifs » qui s’étaient constitués autour de cet objectif, sans oublier la ratification parlementaire d’un traité de Lisbonne, simple resucée du traité constitutionnel rejeté par référendum en 2005, qui est une conséquence indirecte de la division de 2007, la flamme unitaire n’est pas éteinte. C’est une bonne nouvelle. Ensuite, l’espoir de voir enfin s’affirmer sur la scène politique et électorale une ­gauche de gauche capable de relayer dans les urnes et les institutions la contestation des mouvements sociaux, des luttes écologistes et féministes, et des combats altermondialistes. Capable non plus seulement d’agir en contre, mais de porter haut et fort des propositions alternatives. Ce projet n’est certes pas nouveau, et dans les nombreuses réactions suscitées par l’appel, ­notamment sur notre site Internet, certains ont rappelé les précédentes ­tentatives de recomposition de la gauche depuis la candidature de Pierre Juquin en 1988. Qu’en vingt ans aucune n’ait abouti dit autant la difficulté de l’entreprise que sa nécessité. À l’heure de la contre-réforme conservatrice et libérale conduite par Nicolas Sarkozy, alors que la perspective d’une vie meilleure recule dans les classes populaires et que la gauche est menacée de disparition – comme le montre le résultat des élections italiennes –, il n’est plus temps de tergiverser. Ni de se diviser. L’examen des signataires montre que ce message, cette injonction même, est largement partagée. Les signataires, dont nous ne donnons ci-contre qu’un modeste aperçu, se recrutent dans tous les départements, à l’unique exception (ce mardi) des Ardennes. Et si les Franciliens y sont nombreux, le bataillon des militants des Bouches-du-Rhône dépasse celui des Parisiens [1]. On nota aussi une forte représentation du Rhône, de l’Isère ou de l’Hérault. Ils exercent toutes les professions : enseignants, fonctionnaires, employés, ouvriers, techniciens, cadres, ingénieurs, médecins, artistes, étudiants, chômeurs, retraités… Se présentent comme citoyens ou déclarent un engagement syndical, associatif ou politique. Si les communistes dans leur grande diversité et les militants des collectifs unitaires antilibéraux sont nombreux à s’être saisis de l’appel, toutes les variétés d’engagement figurent parmi les signataires, dessinant un éventail qui va de la gauche du PS à la LCR. On y note la présence de quelques élus : Robert Bret, sénateur communiste, Jacqueline Fraysse, députée de Nanterre, des conseillers régionaux (Jean Brafman, Yves Gueidon, Benoît Leclair, Philippe Leclercq…) et généraux, des maires, adjoints et conseillers municipaux. Certains signataires ont conduit des listes aux municipales, parfois soutenues par la LCR. C’est le cas d’Armelle Chevassu à Marseille, de Thierry Brulavoine, militant de la décroissance, à Saint-Nazaire.

Au-delà des signataires, l’appel ne laisse pas indifférent. « Je ne signe jamais d’appel public, car cette démarche est toujours interprétée », s’est excusé le député communiste André Chassaigne, en marge d’un entretien avec Patrick Piro, en invoquant aussi la préparation du congrès du parti communiste. Néanmoins, le président de l’association des élus communistes et républicains convient que « l’appel à un rassemblement pour une vraie gauche ne peut être que positif et aller dans le bon sens ». Il n’a «  rien à redire à son contenu, notamment sur le risque du bipartisme ». Mais insiste sur l’importance dans toute lutte des « acteurs de terrain ». C’est-à-dire de ceux-là mêmes qui constituent l’immense majorité des 4 000 signataires.

Notes

[1] Dans ce département où un appel au rassemblement a été lancé début avril, les suites locales à l’appel porté par Politis seront discutées lors d’une réunion, le 26 mai, à Aubagne

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