à propos de fillon et des 35 heures...

Publié le par la gauche alternative dans l'Oise

François Fillon veut "sortir du carcan des 35 heures"

 

Le Premier ministre, François Fillon, promet que le gouvernement parviendra à la suppression dans les faits des 35 heures.

Citant la défiscalisation des heures supplémentaires votée l'été dernier, le Premier ministre a déclaré que "ce n'est qu'une première étape vers l'objectif qui est le nôtre, qui est de sortir définitivement du carcan des 35 heures", lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

François Fillon a plus largement salué "un changement profond dans notre pays. Car qui aujourd'hui parle encore de RTT, de diminution du temps de travail, de partage du travail comme une solution aux problèmes de l'économie française?".

 

 

 

 

 

La droite et le medef, par la voie de leur plus fidèle serviteur, fillon, veulent « sortir du carcan des 35 heures » qui selon eux sont la cause de tous les maux de notre économie.

 

Il est cependant des vérités, incontestables, pour prouver que loin d’être un frein à la compétitivité, chère à nos ennemis libéraux, les 35 heures sont une avancée sociale importante, quoique pas assez fermement appliquée, cette loi ayant permis de créer un nombre importants d’emplois.

 

En effet, le nombre de création d’emploi se situe entre 350 000 et 450 000, ce qui pose une unique question : « en quoi le partage du travail n’est pas la solution au problème du chômage ? ».

 

Il est vrai que par ces modalités d’application, le passage aux 35 heures à dégradés la situation des salariés.

 

Mais les causes n’en sont pas les 35 heures en tant que telles, c’est parce que le parti socialiste au pouvoir n’a pas assez fermement soumis son application. En effet, si la diminution de l’activité salariée représente environ 7%, le taux de remplacement dans l’emploi n’a lui été que de 2 à 3%, ce qui revient à faire travailler plus les salariés sans les payer plus.

 

Le vrai mal des 35 heures, c’est leurs contournements.

 

D’une part, aurait dû être acté la condition de proportionnalité entre réduction du temps de travail et embauches ; à 7% de rtt, aurait du répondre 7% d’embauche, sinon c’est obligatoirement vers l’intensification du travail que nous allons.

 

 Il est à noté également les attaques répétées contre les salariés français, qui seraient, selon les versions, fainéants, paresseux, mous, etc...Les chiffres sont pourtant claires et précis, selon Eurostat, un salarié français travaille 36,4 heures par semaine, en Allemagne c’est 34,5 heures, au Danemark c’est 34,6 heures, aux Pays-Bas c’est 29,8 heures !!!

 

De plus, le taux de productivité horaire d’un travailleur français est le plus élevé au monde depuis plus de 20 ans.

 

En définitive, le seul  problème des 35 heures, ce sont les heures supplémentaires.

 

Le contingent d’heures supplémentaires autorisées ont permis aux employeurs de ne pas embaucher, et de geler les salaires par le jeu du chantage au « travailler plus ».

 

Les solutions existent pour lutter efficacement contre le chômage et nous soulager de l’exploitation que nous subissons, lutter contre les 360 suicides annuelles sur le lieu de travail, contre les 600 000 arrêts de travail dus aux cadences infernales et au stress lié à la culture de la « compétitivité ».

 

Pour le passage d’une société de l’exploitation à une société de l’émancipation, une société de la pratique citoyenne, il faut encore réduire le temps de travail, avec pour ambition à court terme le passage aux 30 heures sans heures supplémentaires autorisés, tout recours à la surexploitation devant devenir un délit au regard de la loi.

 

Il faut également bannir toutes les formes de précarité, temps partiel subit, cdd, cne, intérim, etc…tous ces dispositifs ne sont que des instruments entre les mains des rentiers et des actionnaires pour toujours plus nous exploiter à leurs seuls profits et nous spolier des richesses que nous créons, en ne nous redistribuant pas la part qui devrait être la nôtre.

 

Salariés du public, du privé, travailleurs précaires, chômeurs stigmatisés, ne vous en laissez pas compter et demandez votre dû.

 

La participation de toutes et tous dans les prochaines mobilisations, les 15 et 22 mai notamment, doit permettre de (re)créer le rapport de force qui sera seul à même de faire plier sarkozy et sa bande, et sera le terreau fertile sur lequel l’unité de tout le mouvement de la gauche de transformation sociale trouvera à se nourrir.

 

Ludovic

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Publié dans réflexion - débat

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