Les salariés sans-papiers en grève pour sortir de l'ombre
lundi 21 avril 2008 16h27
Plus de 500 travailleurs sans-papiers en Ile-de-France ont rejoint ce week-end le mouvement de grève lancé le 15 avril par la CGT et de Droits Devant!. Ils demandent que le ministre du Travail, et non les services de l'immigration, interviennent pour statuer sur leur cas. Plusieurs syndicats et associations ont demandé l'ouverture de négociations.
Dans la restauration, le secteur de la sécurité, du bâtiment ou celui du nettoyage, plus de 500 salariés sont désormais en grève. Leur point commun : tous travaillent mais sont sans-papiers. Leur mouvement de protestation lancé le 15 avril par Droits Devant! et la CGT a pris de l'ampleur ce week-end. De nombreux syndicats et associations sont intervenus publiquement pour manifester leur soutien.
Les grévistes exigent que leur cas soit examiné par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et non par le ministère de l'Immigration. "Ce n'est pas une histoire d'immigration, de répression (qui serait du ressort du ministre de l'Immigration Brice Hortefeux, ndlr), c'est d'abord une histoire de travailleurs, de droit du travail. Il y a le mot 'travailleur' avant le mot 'sans papiers'", a expliqué Jean-Claude Amara, de Droits Devant!.
Dimanche, Xavier Bertrand a lui renvoyé la balle vers les préfets qui, en vertu d'une circulaire de janvier dernier, ont la possibilité "d'apprécier au cas par cas, les demandes de régularisation qui lui sont adressées" par les employeurs en fonction des besoins en main d'oeuvre de chaque secteur d'activité. Samedi, la secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara s'est elle prononcée "pour la régularisation des travailleurs sans papiers". Il y aurait en France entre 200 et 400.000 étrangers en situation irrégulière, dont l'immense majorité travaille.
Dénonçant "l'hypocrisie" de la législation actuelle, une intersyndicale des contrôleurs et inspecteurs du travail (CGT-SNU-Sud-CFDT-Unsa) a réclamé lundi l'ouverture immédiate d'une négociation pour permettre la régularisation des travailleurs sans-papiers. Le syndicat étudiant Unef, l'association France Terre d'Asile, le syndicat cheminot Sud-Rail ou encore la Ligue des droits de l'Homme ont aussi manifesté leur solidarité avec ce mouvement et demandé l'ouverture de discussions.