La chasse aux chômeurs se poursuit
humanite.fr 14-04-2008
Avant la conférence Etat-syndicats-patronat du 6 mai sur la renégociation de l’assurance-chômage, Christine Lagarde et le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez recevront jeudi à tour de rôle Bernard Thibault (CGT), Pierre Martin (UPA), Jean-François Roubaud (CGPME) et Bernard Van Craeynest (CFC-CGC).
D’ores et déjà, selon le quotidien Les Echos lundi, les scénarios de la ministre de l’Economie et de l’Emploi prévoiraient pour les chômeurs "pendant les six premiers mois, d’accepter tout emploi en conformité avec sa formation, ses qualifications, son salaire, sa vie familiale, etc.". Mais "sans que ceux-ci donnent lieu à des critères chiffrés".
"La donne changerait radicalement au bout de six mois", précise lejournal économique. "Ce délai écoulé, le chômeur devrait accepter tout emploi requérant moins de deux heures de transport par jour et rémunéré, par exemple, au moins 70% de son salaire antérieur".
La présidente du Medef Laurence Parisot emboîte le pas de Christine Lagarde en souhaitant que les conditions dans lesquelles les chômeurs pourront refuser un certain nombre d’offres d’emploi "soient étudiées" entre partenaires sociaux, et non pas imposées par le seul gouvernement.
Le Code du travail permet déjà à l’ANPE de radier les demandeurs d’emplois refusant une offre d’emploi correspondant à leur qualification, à leur expérience, au niveau de salaire pratiqué dans la région ou à leur possibilité de mobilité géographique. Officiellement, 1500 demandeurs d’emploi sont radiés chaque mois pour refus d’emploi. La criminalisation du chômeur est encore à l’oeuvre, alors que pour Gabrielle Simon (CFTC), "le fait que 43% des chômeurs indemnisés sont en activité réduite montre que ce ne sont pas des personnes qui refusent de travailler".