La xénophobie d'Etat tue !
Hommage à Baba Traore, victime de la politique du chiffre, à Joinville-le-Pont (94).
Un hommage a été rendu à Baba TRAORE, le jeune Malien de 29 ans décédé à Joinville-le-Pont (94), après s'être jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police dans la gare RER. Les manifestants ont fait le même chemin que Baba lorsqu'il a fui les policiers et ont déposé une gerbe sur le pont de Joinville.
C'est parce qu'il était frappé d'un arrêté de reconduite à la frontière que Baba a fui le contrôle policier. C'est pour éviter l'enfermement en centre de rétention qu'il s'est jeté dans la Marne. C'est parce qu'il risquait l'expulsion qu'il est mort. C'est donc l'ensemble du dispositif prévu pour réaliser les objectifs chiffrés de reconduite à la frontière qui est en cause.
Au lendemain du succès de la manifestation qui a réuni 15 à 20000 personnes contre la xénophobie d'Etat, nous avons honoré une de ses nombreuses victimes, qui n'ont pas eu le bon goût de relever de « l'immigration choisie » chère au président et à son ministre des rafles.
Cet événement tragique est une nouvelle illustration du climat créé par la multiplication des contrôles de police. Oui, la politique du chiffre tue et ce n'est malheureusement pas un slogan.
La mort de ce jeune homme ajoute une victime à une liste déjà longue. En été 2007, Yvan, enfant de treize ans d'une famille russo-tchétchène déboutée de l'asile, est resté quelque temps entre la vie et la mort après avoir tenté de fuir avec son père, par le balcon, la police venue au domicile. En septembre, c'est une femme chinoise, Chulan Zhang Liu, qui est décédée après s'être défénestrée de son appartement à l'approche des policiers. En février, c'est un Kenyan de 19 ans, John Maïna, qui s'est pendu après avoir appris le rejet définitif de sa demande d'asile.
RESF 94