Comment éviter d’avaler des pesticides ?
Ils sont partout autour de nous.
Dans l’eau que nous buvons,
dans les aliments que nous avalons,
et même dans la pluie et le brouillard !
Comment limiter leur consommation ?
Le point avec nos spécialistes. Les pesticides ? Ce sont ces
produits chimiques dont le
nom se termine en «cide » et
qui ont pour mission de tuer
des êtres vivants jugés indésirables.
Les insecticides éliminent,
comme leur nom l’indique,
les insectes ? les fongicides,
les champignons ; et les herbicides,
les herbes dites « mauvaises »...
De plus en plus utilisés dans
l’agriculture, ils se retrouvent
dans nos assiettes et sont
suspectés d’avoir une action
nocive pour notre santé.
Au point que, à l’occasion
du Grenelle de l’environnement,
le souhait a été exprimé de
voir leur usage diminuer de
moitié en dix ans. D’ici là, que faire ? Manger et jardiner bio
C’est la plus simple et la
plus radicale des solutions,
mais également la plus coûteuse.
Pourtant, même l’Agence
française de sécurité sanitaire
des aliments (Afssa) reconnaît
que « le mode de production
biologique, en proscrivant le
recours aux produit phytosanitaires
de synthèse , diminue les risques
associés à ces produits pour la
santé humaine ».
Et une étude conduite sur
des enfants montre que le
passage à une alimentation
bio élimine rapidement
les résidus d’insecticides
de leur organisme.
Si l’on n’a pas la possibilité
de changer radicalement
son mode d’alimentation,
essayons de privilégier déjà
les fruits et légumes biologiques.
Les possesseurs d’un potage
peuvent cultiver leurs produits
selon des méthodes naturelles
- de nombreuses jardineries
proposent des cours et certaines
ont déjà supprimé les pesticides
de leurs rayons. Faire le tri En moyenne,
les fruits contiennent
davantage de résidus de
pesticides que les légumes :
d’après la Direction générale de la
concurrence, de la consommation
et de la répression des fraudes
(DGCCRF), en 2004, 66 % des
légumes étaient cultivés sans
résidus, contre 34 % des fruits.
Les plus imprégnés : pêches,
fraises, pommes, laitue, tomates. Viennent ensuite, les poivrons
et le raisin… Les légumes racines
sont davantage protégés
(à l’exception des pommes de
terre, très polluées), tout comme
ceux qui sont à l’abri d’une cosse,
comme les petits pois. Tenir compte des saisons
La planète ne s’en portera
que mieux! Les produits frais
et de saison contiennent
généralement moins d’additifs
et de conservateurs chimiques
que les produits parcourant de
longues distances ou cultivés à
contre-saison. Ces derniers sont
produits toute l’année selon un
procédé appelé « hors-sol »,
qui oblige à les traiter plus qu’abusivement Regarder les provenances
Les aliments importés peuvent
avoir été traités avec des
substances interdites en France. Côté fruits, les fraises espagnoles,
noyées sous les fongicides et
les pesticides, sont l’archétype de ce
qu’il faut éviter. Quant aux produits
cultivés hors Union européenne,
leurs taux de résidus de pesticides
peuvent être très nettement
supérieurs à la norme imposée
par la Communauté, a montré
la Direction générale santé et
protection des consommateurs (DG Sanco) Laver les aliments
C’est un minimum nécessaire,
à défaut d’être suffisant puisque
les produits phytosanitaires
pénètrent au moins en partie
dans le produit. Une étude,
réalisée en 2002 par l’Institut
de sociologie du Centre national
des sciences sociales et humaines
et le Centre de coopération
internationale en recherche
agronomique pour le développement
(Cirad), auViêt Nam, a montré que
lavage et trempage permettaient
d’éliminer entre 30% et 50 % des
pesticides, le sel ou le vinaigre
agissant contre les seules bactéries.
Inutile toutefois de faire
prendre un long bain aux
aliments, sous peine de
perdre un maximum de
vitamines et de minéraux. Deux minutes de trempage
suffisent. On peut ajouter
une pincée de bicarbonate
de soude, du savon de Marseille,
du sel, du vinaigre, voire des
produits de nettoyage spécial
aliments,à condition de bien
les rincer ensuite à l’eau courante. Éplucher les fruits et légumes
Indispensable lorsqu’ils ne sont pas bio. Certes, une grande partie
des nutriments se trouve dans
la peau. Cela dit, les études
réalisées sur les fruits et légumes,
en vue de démontrer leurs bienfaits
sur la santé, sont réalisées à partir
d’aliments épluchés, prouvant ainsi
que la pulpe est également riche en
nutriments.
Il est aussi conseillé de brosser
les courgettes, aubergines et
autres concombres.
Les pommes (non bio) font
figure d’exception : non seulement
elles sont bourrées de pesticides,
mais elles sont « cirées » à la
morpholine, un additif montré
du doigt par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Exit également la rondelle de
citron dans les sodas et les infusions
, à moins que le fruit soit bio et
préalablement lavé Enlever les premières feuilles
Ce sont celles qui sont le plus
en contact avec l’environnement.
Cela concerne l’ensemble
des légumes du type chou,
endives, salade…
D’ailleurs, à propos de cette
dernière, mieux vaut éviter la
laitue et lui préférer une variété
plus rustique - comme la scarole,
la mâche, le pissenlit, la roquette,
la chicorée de Trévise -,
moins traitée et davantage en
phase avec les saisons.
Boire avec discernement.
D’après le ministère de la
Santé, l’eau ne véhicule que
10 % des pesticides que nous avalons. A priori, l’eau du robinet,
si elle n’est pas exempte
de tout soupçon, est extrêmement
surveillée et sera déclarée impropre
à la consommation si elle contient,
par exemple, trop de nitrates.
Il est néanmoins recommandé,
dans les régions très agricoles,
de privilégier l’eau de source en
bouteille pour les femmes enceintes
et les jeunes enfants. ODILE CHABRILLAC -nord eclair
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