Un Picard en grève de la faim avec José Bové
Le courrier picard – mardi 15 janvier 2008
Ville sur Ancre – Bruno Galloo, paysan bio et porte-parole régional de la confédération paysanne, a observé huit jours de grève de la faim avec José Bové la semaine dernière, cotre les OGM.
Rien que de l’eau et de la tisane pendant huit jours, passés dans une caravane spartiate, rue de la Banque, à Paris et sur les marchés, à distribuer des tracts.
Bruno Galloo, paysan bio à Ville sur Ancre, petite commune d’Albert, dans la Somme, a observé huit jours de grève de la faim avec 20 autres personnes dont le leader altermondialiste José Bové la semaine dernière, afin d’obtenir l’activation par le gouvernement de la clause de sauvegarde interdisant la culture d’OGM en France. « J’ai arrêté dès mercredi soir, quand Borloo a annoncé le retrait du projet de loi », explique-t-il.
« Je ne suis pas anti-OGM, je suis alter-OGM. Je ne suis pas contre les OGM, je suis contre les OGM en plein champ mais pour les OGM en laboratoire. Comment pourrait-on être contre le progrès médical ? Je suis pour une autre Europe, un autre monde que ce monde libéral… »
Bruno Galloo, est également le porte-parole régional de la Confédération paysanne, et a participé depuis 2001 à trois opérations de destruction de cultures transgéniques avec le collectif des Faucheurs volontaires. « Merci à toi pour ta force et ta constance dans le combat » lui a même écrit José Bové ces jours-ci, lui dédicaçant une publication récente sur les OGM.
Les grévistes ont gagné une partie de la bataille qu’ils mènent depuis dix ans pour certains. Vendredi soir, la France promettait l’activation de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM MON810. « Maintenant, on va rester vigilants en ce qui concerne le projet de loi. S’il laisse la porte ouverte à tout et à n’importe quoi, ce n’est pas la peine. Il faut une tolérance zéro ».
La caravane qu’il partageait à Paris avec deux autres grévistes de la faim est toujours sur un plateau dans la cour de la ferme Hérisson et coccinelle à Ville sur Ancre, prête à abriter de nouveaux militants si besoin était. « Si le tribunal de Péronne rend une décision défavorable le 23 janvier, elle me servira de QG de campagne. Je me présenterais aux cantonales ». Avant de partir pour Paris, début janvier, Bruno Galloo est allé saluer un ami, un agriculteur du village qui connaît des difficultés. La justice doit statuer sur la liquidation de son entreprise. « Son souci, c’est la mafia qui laisse croire aux petits qu’ils doivent devenir gros. C’est aussi pour lui que je suis allé là-bas. »
Stéphane Bonnet