SANCTIONS CONTRE LA JUNTE MILITAIRE BIRMANE
La junte militaire birmane a repris le contrôle de la rue et des canaux
d'information parallèles. Elle en profite pour durcir la répression
contre les bonzes et les civils qui ont massivement participé aux
mobilisations de ces dernières semaines.
Elle veut tuer dans l'œuf les résistances sociales provoquées par la
hausse insupportable du prix des carburants, la renaissance du mouvement
démocratique et l'émergence d'une nouvelle génération militante. Dans
ces conditions, la solidarité qui s'est manifestée dans de très nombreux
pays ne doit pas faiblir.
Aucune sanction internationale à la mesure des événements n'a été prise
à l'encontre de la junte. L'intégration récente de cet État à
l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN) n'a pas
été remise en cause. La Chine est devenue l'un des principaux appuis du
régime. Quant aux firmes occidentales présentes sur le territoire, elles
prétendent poursuivre leurs affaires comme si de rien n'était. C'est
notamment, en France, le cas de Total qui, depuis quinze ans, collabore
avec l'une des pires dictatures de la planète. De l'opposition birmane
jusqu'à la Confédération syndicale internationale (CSI), de nombreuses
voix exigent le retrait des multinationales telles que Chevron ou Total.
Pour devenir effectives, les sanctions internationales doivent
s'attaquer aux secteurs vitaux pour la junte : pétrole et gaz, minerais,
bois rares… Les effets de manche de Nicolas Sarkozy ne sauraient faire
oublier que, de tous les pays européens, la France est celui qui est le
plus engagé en Birmanie : importation de teck, tourisme, gaz… En 2003,
l'actuel ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner,
avait même personnellement défendu les activités de Total dans ce pays !
Tout en s'associant aux initiatives internationales pour l'arrêt de la
répression et la libération des prisonniers politiques, ou contre la
politique chinoise d'aide à la junte, il nous faut en France exiger que
des sanctions effectives soient prises contre la junte, y compris
l'arrêt du commerce du teck et le retrait de Total.
Attac France,
Montreuil, le 10/10/2007