Dépenses "excessives", régimes spéciaux "indignes", "déficits", "faillite"...Assez de mensonges ! De l'argent, il n'y en a jamais eu autant... !
Un hold up permanent sur la Sécu...
Depuis 1991, ce sont plus de 200 milliards d'€ d'exonération de cotisations sociales qui ont été accordés aux employeurs par les différents gouvernements. 25 milliards d’€ en 2006 et une prévision de 30 milliards en 2007.
Confirmant ce que Force Ouvrière n'a cessé de dénoncer, le rapport de la Cour des comptes a estimé le manque à gagner pour le régime général de la Sécurité Sociale à plus de 37 milliards d'€ en 2005 (3,2 milliards du fait des exonérations de cotisations sur les stock-options versées aux dirigeants d'entreprise, 5.2 milliards au titre de la participation, de l’intéressement et des Plans Epargne Entreprise ou encore 5,8 milliards au titre des cotisations dues par les employeurs publics…). A titre de comparaison, le «éficit» de la Sécu s’était élevé à 11,6 milliards d'€ cette année-là. !
De son côté, l'audit de l'Inspection des finances de l'administration et des affaires sociales chiffre pour 2005 à 65 Milliards d'€ les aides publiques aux entreprises, sans aucune contrepartie sociale, (soit 4% du Produit intérieur brut alors qu'il suffirait d'en affecter 1/10 aux retraites pour revenir à une retraite à taux plein pour 37,5 annuités pour tous les salariés).
Conséquence de la contre-réforme de l’assurance maladie imposée en 2004, la part des dépenses à la charge des assurés a encore progressé en 2005 pour atteindre 16,6 milliards d'€ à la charge des malades (8,74 % des dépenses totales).
Le 4 juillet dernier, la commission des comptes de la Sécurité Sociale a estimé le «éficit» 2007 à 12 milliards d’€. Sans les exonérations dont la seule raison est la recherche de la baisse du coût du travail au compte des profits, il n’y aurait pas de «éficit».
Et à nouveau, au nom de ce prétendu «», le gouvernement prévoit de nouvelles mesures de déremboursement (franchises notamment) et de réduction des soins à l'encontre des personnes âgées et des malades les plus graves. Ce faisant, le gouvernement introduit dans la Sécurité sociale les critères de «» c’est-à-dire le mode de gestion des assurances privées.
… et des profits qui ne cessent de croître !
Pendant que les exonérations de cotisations patronales privent la Sécurité Sociale de ressources, les profits des entreprises du CAC 40 eux ne cessent de croître !
En 2003, 36,7 milliards d’€ de bénéfices dont plus de 50 % ont été distribués aux actionnaires ; en 2004, 65,6 milliards d’€ dont 22 distribués aux actionnaires ; en 2005, 82 milliards d’€ dont 30 distribués aux actionnaires ; en 2006, plus de 100 milliards d’€ de bénéfices dont 38 distribués aux actionnaires. Les résultats en 2007 marquent une nouvelle progressionde + 14 % par rapport à ceux de 2006 pour atteindre pour le premier semestre 51,7 milliards d'€.
Outre les actionnaires, les dirigeants des entreprises sont de plus en plus colossalement rémunérés.
Il y a bien sûr les situations les plus spectaculaires telle celle de M. Zacharias qui a perçu, au moment de son départ du poste de Pdg du groupe Vinci, les sommes de 13,2 millions d’€ au titre de l’indemnité de départ (égale à trois fois le salaire annuel), 8 millions d’€ de prime en récompense du rachat par Vinci à bas prix des parts de l’Etat dans ASF (Autoroutes du Sud de la France), 250 millions d’€ de plus-value potentielle de ses stocks options, le tout s’ajoutant à sa retraite de 2,2 millions d’€ annuels.
Le salaire annuel moyen des Pdg des entreprises de plus de 2 000 salariés était, hors intéressement et dividendes, de 470€ en 2005. Entre 1995 et 2005, le pouvoir d’achat des Pdg des grands groupes a augmenté de 3,8 % par an, selon l’INSEE, et celui des ouvriers de 0,6 %...
D’immenses fortunes professionnelles se constituent. Selon le magazine «» de juillet 2007, le patron de LVMH arrive en tête du classement pour la France avec 23 milliards d'€, puis suivent le patron d'Auchan avec 17 milliards d'€, la propriétaire du groupe l'Oréal avec 15 milliards, le Pdg de PPR avec 10 milliards, un des nouveaux actionnaires d'Arcelor-Mittal avec près de 9 milliards, le Pdg du groupe Dassault avec 7,3 milliards, M Bolloré du groupe éponyme de transport et de média avec 4,3 milliards.
Ces bénéfices énormes illustrent l'évolution de la répartition de la VAB (Valeur ajoutée brute) entre capital et travail. La VAB créée par tous les secteurs d'activité, c'est-à-dire la richesse créée totale, atteint 1700 milliards d’€ en 2005. Or depuis le tournant de la rigueur de 1982-1983, la part du travail (salaires et cotisations) a baissé de 9 à 10 points soit l’équivalent de 170 milliards d’€ au bénéfices des profits dont la part a donc augmenté d’autant, passant de 20 à 30 % de la VAB en 20 ans.
Ainsi, la baisse du coût du travail (par le bloca ge des salaires et les exonérations de cotisations patronales) menace l’existence de la protection sociale et provoque le détournement grandissant par le capital des richesses créées.
Seulement 1 % d’augmentation des salaires du secteur privé amène 1 milliard d’€ dans les caisses de la Sécu.
Augmentation générale des salaires
et arrêt des exonérations patronales,
voilà comment «sauver»
l’assurance maladie et les retraites !
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