INTERVENTION DE REGIS LECURU AU CONSEIL MUNICIPAL DE BEAUVAIS
au sujet du dossier n° 40: Contrat de délégation du service public de l'eau potable.
Régis LECURU
Conseiller Municipal écologiste
de la Ville de Beauvais
Madame le Maire, mes chers collègues,
A la lecture du rapport sur le choix du candidat et du contrat, je suis comme mes collègues, très surpris de voir de nombreuses abérations pour tenter de nous convaincre de choisir le Privé.
Je suis très surpris de voir qu'il y ait encore 3000 branchements en plomb à renouveller alors que cela devait être terminé à la fin du contrat actuel soit au 31 décembre 2007. C'est un premier scandale.
Combien y a t'il de compteurs de plus de 15 ans à changer pour la fin de ce contrat ? Il semblerait qu'il y en ait encore des milliers
Des abonnés nous disent que leurs compteurs ont passé les 25 ans d'âge. N'y a t'il pas encore un scandale derrière tout çà parce que Véolia doit changer tous les compteurs vétustes avant la fin du contrat actuel.(un compteur coûte 50€)
De plus c'est la ville qui prend à sa charge les grosses réparations et les travaux de renouvellement de canalisation, c'est incroyabe, ce qui coute le plus cher, c'est à la ville de payer.
On nous dit que les abonnés en situation difficile seront pris en compte. Mais qui paie les impayés ? C'est l'aide social de la Ville pas véolia.
S' il y a un problème de qualité de l'eau, de pollution, c'est la ville qui a les risques pénaux et non Véolia.
Quant au coût moindre du service privé par rapport au service public, avancé dans ce document, personne ne peut raisonnablement être convaincu. Les critères sont trop flous.
par contre, il suffit de se référer à de nombreuses études officielles démontrant le contraire, notamment celle de la cour des Comptes présidée par votre ami, M. SEGUIN, qui dit que la différence est de 20 %. en faveur du service public de l'eau.
Alors je pense également, madame le Maire, que nous devrions prendre le temps de réétudier plus sérieusement ce dossier, de prendre en compte les éléments que l'on vous apporte ce soir .
Il faut travailler tous ensemble car il doit pas y avoir de guerre gauche-droite sur un sujet aussi primordial que l'eau.
Mon ami Raymond Avrillier élu écologiste de Grenoble a été le premier à dénoncer en 1989, la corruption liée à la privatisation de l'eau en France . C'est lui qui a fait condamner et emprisonner Alain Carrignon, l'ancien Maire UMP de Grenoble et aussi plusieurs fois Ministre d'un gouvernement de Droite.
Tous les partis politiques, à cette époque, avaient été « éclaboussés » par des pots de vin reçus de la part des sociétés des Eaux. (UMP, UDF mais aussi le PS et le PC.) Dans ces années là, nous parlions de financement occulte des partis politiques.
Cette époque est révolue me dirons certains. Et bien non, nous voyons encore quelques affaires sortir dont certaines sont liées au monde du Football. comme nous l'a dit, Jean Luc Touly lors de sa conférence de mercredi dernier.
Alors Madame le Maire, devant l'empressement que vous manifestez à faire passer ce dossier, vous risquez de vous exposer à des critiques désagréables et cela ne serait pas juste pour vous.
La société VEOLIA est partout dans notre ville. Les parkings souterrains, c'est Véolia, les transports c'est Véolia , les parcmètres c'est Véolia, les déchets c'est Véolia. Et peut-être que j'en oubli. Cela commence à faire Beaucoup.
Je crois qu'il serait raisonnable, Madame le Maire, mes chers collègues, de prendre le temps afin de comparer ce dossier avec des éléments sérieux et sans dogmatisme.
Je vous propose de faire venir à Beauvais, mon ami Raymond Avrillier qui est maintenant Maire adjoint de Grenoble et vice président de la communauté d'agglomération chargé de l'eau et de l'assainissement.
Sur la base de l’expérience Grenobloise, Raymond Avrillier pourra nous exposer les caractéristiques d’« un service public démocratique, social, économe, de qualité, au juste coût ».
Il pourra vous dire que LA GESTION PUBLIQUE DE L’EAU EST MOINS CHERE :
Le prix coûtant est une obligation réglementaire respectée par la gestion publique. A Grenoble, le prix de l’eau pour les usagers a augmenté de 102% en euros constants de 1988 à 1995, pendant la gestion privée ; il a diminué de 20% de 1995 à 2005 par la retour à la gestion publique ; sur la même période, il a diminué de 50% par rapport à ce que seraient devenus les tarifs si les contrats de délégation au privé n’avaient pas été annulés.
LES ECONOMIES SUR LE PRIX DE L’EAU ET DU SERVICE PUBLIC PERMETTENT DE DEVELOPPER UNE POLITIQUE SOCIALE :
Les économies de dizaines de centimes d’euros par m3 représentent des dizaines d’euros par an par famille, alors que ces charges sont de plus en plus importantes dans les budgets des familles, ... et des millions d’euros sur l’ensemble de la consommation de la commune ou de la communauté.
LE SERVICE PUBLIC EST DE MEILLEURE QUALITE, DANS LA DUREE :
A Grenoble, la reprise en régie s’est traduite par trois à quatre fois plus de travaux d’entretien, de renouvellement, que pendant la gestion privée. la consommation d’eau des bâtiments et équipements communaux a été réduite de 20%. Les usagers sont conseillés pour utiliser l’eau de manière économe. A la différence de la logique du privé, axée sur la rentabilité à court terme, des actions préventives pour la réduction des fuites et l’usage économe de l’eau, des investissements pour l’avenir, des travaux d’entretien sont réalisés.
LA QUALITE DE LA RESSOURCE EAU ET CELLE DU SERVICE DE L’EAU correspondent à des enjeux de santé publique, des enjeux environnementaux et des enjeux économiques - dépolluer l’eau représentant un coût bien plus élevé que la maintenir propre - qui font de l’exigence de qualité une question très fédératrice.
A GRENOBLE, LE SERVICE PUBLIC DE L’EAU EST DEMOCRATIQUE : Toutes les décisions sont prises par les assemblées publiques élues. Les comptes sont publics, les tarifs fixés chaque année par les conseils élus ; un rapport annuel sur le prix et la qualité du service public est approuvé chaque année par les commissions consultatives des usagers, le conseil d’exploitation et les assemblées d’élus.
LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE DU SERVICE EST LIEE A CELLE DES COMPETENCES D’EVALUATION ET DE CONTROLE. Le contrôle suppose lui-même un accès à l’information. Pour Raymond Avrillier, obtenir l’information et se doter des moyens de contrôle en interne, au lieu de recourir à l’audit constitue « une action en soi de responsabilité » de l’autorité délégante, comme du régisseur public.
LA POLITIQUE DE L’EMPLOI DU SERVICE PUBLIC EST MEILLEURE : Le service public permet de créer davantage d’emplois, pérennes et avec de meilleures conditions de travail, pour un service moins cher pour l’usager.
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