Résultats de l'enquête de la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail
Les résultats de la récente enquête de la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail témoignent d'une stabilité relative des conditions de travail en Europe ces cinq dernières années, et ce malgré l'augmentation des formes d'emploi atypiques telles que le travail à temps partiel ou le travail temporaire et l'entrée des nouveaux État membres. Visant 31 pays (les 27 États de l'UE, la Croatie, la Turquie, la Suisse et la Norvège), cette 4e enquête sur les conditions de travail de la Fondation de Dublin a été réalisée à partir d'entretiens et de questionnaires auprès de 30 000 travailleurs. Si plus de 80 % des travailleurs se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leurs conditions de travail, un peu plus d'un travailleur sur quatre de l'UE pense être exposé à des risques en matière de santé et de sécurité au travail.
Depuis 1991, la Fondation de Dublin observe une diminution continue de la durée hebdomadaire de travail au sein de l'UE, en grande partie en raison de la forte progression du travail à temps partiel. Cette tendance s'est infléchie suite à l'adhésion en 2004 des dix nouveaux États membres, dans lesquels la durée hebdomadaire de travail est plus élevée. L'étude relève toutefois que 15 % des travailleurs en Europe ont des «horaires de travail lourds», effectuant 48 heures ou plus par semaine. 20 % des hommes sont concernés par de tels horaires, contre un peu plus de 8 % des femmes.
La Fondation observe parallèlement que l' intensification du travail se poursuit. En 2005, 26 % des travailleurs de l'UE à 27 déclaraient devoir travailler à des cadences très élevées en permanence ou presque. En 1990, ce chiffre était de 19 % (pour l'UE à 12). En matière d' autonomie au travail, source de satisfaction professionnelle, la Fondation relève que si elle situe à un niveau élevé, celle-ci semble cependant diminuer lentement, la proportion de salariés affirmant travailler de manière autonome ayant baissé de 2 à 5 % au cours des dix dernières années.
Un peu plus d' un travailleur sur quatre de l'UE estime qu'il est exposé à des risques en matière de santé et de sécurité au travail. Selon le rapport, cette proportion est en baisse constante depuis 15 ans (de 31 % en 1991 à 27 % en 2005). La différence entre l'UE à 15 (25 %) et les nouveaux États membres (40 %) est frappante. Les problèmes les plus fréquemment rapportés sont les TMS (maux de dos 21 %, douleurs musculaires 18 %), la fatigue (20 %), le stress (18 %), les maux de tête (12 %), l'irritabilité (12 %). Enfin, environ 5 % des travailleurs européens sont victimes de violence au travail.
En revanche, les niveaux d' exposition aux risques professionnels semblent rester relativement stables, voire avoir légèrement augmenté, en particulier dans le cas des facteurs de contrainte physique. Ainsi, plus de 62 % des travailleurs européens sont concernés par les mouvements répétitifs de la main et du bras. Suivent ensuite les positions pénibles ou fatigantes (46 %), le bruit et les vibrations.
De façon presque constante au cours des dix dernières années, près de 30 % de la main-d'oeuvre de l'UE a suivi une formation financée par l'employeur dans l'année précédant l'enquête. Mais celle-ci souligne
d'importantes différences entre États. Les pays d'Europe du Nord arrivent en tête, avec plus de 50 % de salariés ayant bénéficié d'une formation financée par l'employeur en Finlande et en Suède. Les pays du Sud et de l'Est de l'Europe enregistrent les statistiques les plus faibles : peu plus de 20 % en Espagne, entre 10 et 20 % en Grèce, Hongrie et Portugal, moins de 10 % en Bulgarie et Turquie. La France, avec 25 %, se situe à la 19e place, en dessous de la moyenne de l'UE à 27 (30 %). L'accès à la formation augmente avec le niveau d'éducation initiale, puisque 10 % seulement des travailleurs ayant arrêté leurs études après le primaire ont reçu une formation ces 12 derniers mois contre 41 % des travailleurs diplômés du 3e cycle. Enfin, il est deux fois plus important pour les travailleurs du secteur public que pour ceux du privé.