Ils manifestent par solidarité
Le Courrier Picard n°19719
mercredi 30 mai 2007
Beauvais : Le cours des audiences correctionnelles a été perturbé par la manifestation du Collectif Solidarité Migrants. Il venait soutenir quatre militants qui comparaissaient pour diffamation.
Le passage devant le tribunal correctionnel de Beauvis de quatre militants méruviens du Collectif Solidarité Migrants aura duré moins longtemps que la manifestation devant le palais de justice de leurs camarades venus les soutenir.
Martine et Philippe Depriester, Guy Platel et Mamedi Kamara étaient tous les quatres convoqués devant la juridiction après une plainte pour diffamation déposée par Yves Leblanc, maire de Méru.
(...)
Juste avant cela, dehors, une centaine de militants, venus de Solidarité Migrants, la FSU, la Cgt, Réseau Education Sans Frontières, la Ligue des Droits de l'Homme, s'étaient assemblée sur les marches du palais pour soutenir ces quatre militants.
Il leur est reproché d'avoir diffusé sur le marché de Méru le 25 mars un tractintitulé : français, immigrés, même droit à la dignité. Ils y dénonçaient une volonté de "faire peur, de faire des immigrés des boucs émissaires, les responsables de tous les maux dont souffre la société." et concluaient : Ces jeunes, ces hommes, ces femmes, nos voisins, nos proches sont une richesse. Ayons le courage de l'affirmer. Construisons une société ouverte au monde, dynamique, chaleureuse."
Ce tract faisaient suite aux propos tenus par Yves Leblanc (...) :"que l'immigration était responsable de la difficile situation sociale de sa ville, que Méru comptait 10% de clandestins qu'il se faisait fort de signaler systématiquement à la préfecture et que, de même, il signalait au procureur les nombreux mariages blancs qu'il lui était demandé de célébrer." (...)
Mais le Collectif Solidarité Migrants voit dans cette attaque contre des militants associatifs "un abus visant à déplacer le débat public sur le terrain judiciaire pour restreindre la liberté d'expression", dans les suites données à cette plainte la "pénalisation de l'action militante remettant en cause les libertés individuelles publiques".
Les manifestations devraient donc se poursuivre tant que cette affaire sera entendue par la justice. Les manifestants ont d'ores et déjà promis qu'ils reviendraient le 7 août. Un renvoi pourrait d'ailleurs être demandé ce jour-là. Ils seront de nouveau sur les marches du palais quand viendra le moment de juger l'affaire sur le fond.